05 novembre 2009
Ouf, fini les équipets
Enfin! Une partie que je pensais être une formalité a en fait demandé de longues heures de boulot : les cloisons équipets. Il y a 4 accès possibles : par l'hiloire de rouf (8x15cm, mon avant-bras droit ne passe pas bien), les 2 découpes des équipets, et par le plancher.
Les assemblages étaient douteux, la résorcine ayant 49ans et cette partie étant en quelques sorte la cage thoracique du Corsaire, je les ai refaits à l'epoxy. Les joints-congés côté bordé sont stratifiés (= armés).
Donc pour un joint congé stratifié de 10cm en l'air, on passe près de 2 heures en commencant au miroir (si on passe le bras plus de place pour la lumière et la tête) et finissant à la Dremel . Alors que pour un autre joint-congé de 2mètres non armé, hier soir j'ai mis 30 minutes préparation et nettoyage compris !
08 octobre 2009
Joint congé "prêt à l'emploi"
Quand on fait un joint congé, il faut ensuite le poncer sinon les enduits, peintures ou vernis pourraient ne pas accrocher. Or, poncer des heures, dans des recoins inccessibles, ce n'est pas mon activité préférée, même avec masque et aspiration c'est pas terrible, pour bien faire il faudrait protéger les yeux avec un masque fermé. De plus, si le joint congé a été stratifié à la fibre, on peut user la fibre et lui faire perdre sa résistance.
La solution, c'est le tissu d'arrachage. Vraiment pas cher, à usage unique, ce tissu est tressé. Il est apposé sur une stratification fraiche, pour absorber l'excédent de résine, rendre l'ensemble homogène. Mais surtout, il rend le joint-congé prêt à recevoir un enduit, une peinture, du tissu de verre (= joint congé armé) sans ponçage. On peut même faire des retouches, quasi invisibles.
Les étapes :
- La zone est dégraissée puis dépoussièrée
- Application du joint congé. Dans ce cas, il est au plafond, alors, en plus de la charge bois, on ajoute de la silice colloïdale qui augmente la viscosité et permet à la résine de ne pas dégringoler
- On attend 1/2 à 1h, le temps que le joint durcice un peu, puis on le vernis avec de l'epoxy pure, c'est à dire sans charge bois.
- On applique le tissu d'arrachage, on prend soin de le pas laisser de bulle, il faut que le tissu recouvre le joint congé sans défaut
- Après 6-8 heures, on arrache le tissu (d'où son nom)
- Vu d'un peu plus loin, il est bien régulier et prêt à l'emploi.
On peut sauter l'étape 3 si le joint est encore bien mou et n'a pas commencé à tirer, et bien sûr si on n'a pas armé le joint avec de la fibre de verre. J'ai testé, je viens encore de le faire : ça fait économiser de la résine, un pinceau, une paire de gants si on avait dû les enlever après l'étape 2, et bien sûr, du temps. De plus, quand on lisse avec le pinceau par dessus le tissu, il y a moins d'adhérence et donc le joint est encore plus lisse.
03 octobre 2009
Fil à couper le beurre
Je suis tombé par hasard sur l'épisode 43 de l'émission animé par J. Bonaldi, Du Côté des Pros. Et surprise, on y trouve dans le sommaire et à la fin, le fil à couper le beurre polystyrène, mais en vrai produit, pour les pros. Celui qui isole sa maison en polystyrène extrudé ou expansé a tout interêt à se confectionner un tel outil !


L'idée du guide de coupe est bonne car c'est ce qui manque au mien, avec des découpes plus qu'approximative et donc de la perte. Or, sur un Corsaire, la flottabilité ça veut dire 150 litres de mousse, mieux vaut optimiser.
Encore un fois, cette idée n'est pas de moi, on en trouve plein de variantes sur Internet, la mienne fonctionne plutôt bien, et une fois le guide de coupe ajouté elle sera top.
27 septembre 2009
Comment rechercher du contenu sur ce blog ?
Samedi j'ai voulu retrouver un post au sujet de goujons de lest. Parcourrir les pages une à une, ça aurait fait long. Quelques minutes sur gogole et j'ai trouvé : vous entrez "goujons" site:zygomar.canalblog.com et ça marche. Vous changez "goujons" par ce que vous voulez, par exemple "femme chauffe" et taa naaaaa!, c'est trouvé.
Et en prime, je vous ai ajouté les tags ! Que demande le peuple !
20 octobre 2008
Ca sent la peinture !!!
Une petite heure par ci, 2 heures par là, un peu de concentration et au bout d'un moment on se rend compte que ça avance.
Pour un coup je ne vous parle pas de technique. C'est juste pour vous dire que dire que les joint-congés sont finis dans le triangle avant. La varangue et les séparations sont en place, ainsi que l'équipet de la pointe avant, son barrot et le renfort qui recevra la bitte d'amarrage. Je mastique par-ci par-là et je ponce beaucoup.
Ca prend forme, je ne vais pas tarder à enduire de primaire d'accrochage et peindre la cabine avant. Autant le faire tant que le pont n'est pas mis car il faut une bonne aération.
Joint-congé stratifié et chanfreiné
Le joint-congé (J.C.) vous connaissez peut-être. Le J.C. stratifié peut-être moins. Mais chanfreiné, avouez que ça vous interpelle !? Non ? Tant pis, je vous raconte quand même.
Pour faciliter le contact entre le plancher, la serre-bouchain et le bordé, je vais faire un J.C. non pas concave avec une spatule ronde, mais avec un gabarit dont l'angle correspond à celui du plancher avec le J.C.
D'abord, il faut fabriquer une spatule sur mesure. Avec un bout de CP on simule le chanfrein du plancher, dans un bout de tasseau on simule le J.C. 2 spatules sont fabriquées en isorel (médium). Pour avoir une finition propre, on pose un masquage :

On prépare la bonne longueur de fibre de verre (bi-biais 450gr/m2) et de tissu d'arrachage. Puis on imprègne le contreplaqué avec de la résine epoxy non chargée. On attend que ça devienne poisseux. On tire le J.C. à l'aide de la spatule angulée :

On attend un moment (environ 20 minutes) que le J.C. commence à durcir. On pose délicatement la fibre de verre de manière à ce qu'elle touche le joint, mais sans appuyer sous peine de le déformer. Cette méthode évite des ponçages fastidieux. On imprègne la fibre avec de la résine non chargée, puis on pose le tissu d'arrachage en veillant à ce qu'il soit mouillé et on contact, sans bulles :

On laisse une nuit durcir et on arrache le tissu... d'arrachage. C'est impressionnant la première fois, il faut y aller franchement. Le tissu d'arrachage va créer des aspérités et empêcher le glaçage de la résine, ce qui est interessant pour le prochain enduit ou autre. Mais en plus, il absorbe les excès de résine, ce qui confère au J.C. une certaine régularité, et enfin il aide à débuller la fibre, ces poches d'air vraiment pas marrantes. Bref, comme ça coûte pas cher il ne faut pas s'en priver!
Prise de formes bizaroïdes
Mes serres-bouchains sont des tasseaux en pin posé sur le bordé et équerrés pour le fonds. Ce qui veut dire que la partie haute des serres n'est pas horizontale mais penche vers l'extérieur du bateau. Conséquence, si je prends de l'eau elle stagne sur la serre-bouchain contre le bordé. Pour y remédier j'ai ajouté un tasseau sur lequel s'appuiera le plancher de la cabine avant. Comme c'est une forme assez bizarroïde, j'ai emprunté un peu de pâte à modeler, posé sur la serre, posé le plancher dessus et pris comme gabarit de forme.
01 août 2008
Ingrid La Pompe A Vide
Depuis le temps que je l'avais dans les cartons celle-là ! Ca date de mon plaquage raté. Je me suis largement inspiré de ce qu'on trouve sur un site de passionés de Kite Surf. Une pompe à vide toute neuve, on peut en trouver entre 500€ et 1000€ (pour nos besoins à nous), et je n'en ai pas trouvé d'occase.
Alors je suis parti à la débrouille :
- Jean-Pierre, un ami des Vieux Safrans qui sait presque tout faire, m'a dégotté un vieux moteur de frigo, assez puissant celui-là. Il a ajouté une vanne et un filtre.
- Un ami de mon père a fait ses fonds de tiroir en plomberie
- J'ai mis de côté 6 bouteilles vides de CO2 (utilisé en aquariophillie), du contreplaqué d'entrée de gamme, des roulettes d'une vieille sono
- Et surtout c'est ma fille Julie qui a trouvé le prénom qui rime. C'est d'ailleurs elle et sa soeur qui me décorent mes outils à grand coups de marqueur.
J'ai quand même dû acheter :
- Du tuyau armé (qui ne s'écrase pas avec le vide)
- Un vaccuomètre, très important pour détecter les fuites
- Un détecteur de vide pour ne pas faire tourner le moteur quand la pression voulue est atteinte
- Des raccords plomberie
- Un peu de tuyau en cuivre, des joints.
En allant du moteur vers le tuyau final, on trouve
- Le moteur qui est en fait un compresseur, est utilisé à l'envers, c'est à dire en aspirateur
- Un filtre à air
- Le vaccuomètre
- Le détecteur de vide, règlable, qui sert d'interrupteur 220V
- Une nourrice de plomberie qui fait le vide dans les 6 bouteilles de CO2 (prévide)
- Sur les côtés du caisson, les bouteilles
- Une vanne
- Le tuyau qui va au sac de vide
L'ensemble doit faire dans les 35-40kgs, je peux vous dire que les roulettes c'est vraiment pas un luxe !
J'ai fait un essai cet après-midi, il est important de tout bien préparer à blanc car quand il fait chaud, il faut aller assez vide avec la résine epoxy.
31 juillet 2008
Quand ma résine chauffe ma femme refroidit!
L'autre jour j'étais en train de mélanger de l'epoxy, ma femme me demande "mais comment t'as appris tout ça ?". Là je me dit qu'elle m'admire, qu'elle est raide amoureuse, que c'est bon pour ce soir, j'en salive.
Je lui réponds "en me trompant". Je sais pas, mais ça a changé sa tête, son rêve s'est écroulé,
et j'ai dormi sur ma béquille.
Ce jour là il faisait 26°, 55% d'hygro
et comme un âne je prépare 130gr de résine, que je garde dans le pot à
mélange. Un quart d'heure plus tard, à la moitié du pot, ça part en
exothermie, ça chauffe, ça fume et donc foutu.
Mais bon, ma femme était
ressortie. Ouf !
08 juin 2008
Trucs pour le travail de la résine époxy
Après un certain nombre d'essais, je peux commencer à partager des petits trucs qui vont bien. Ils proviennent soit de forums, de copains, de mon fournisseur ou de mes essais.
Avant-Propos
J'ai opté pour les produits Sicomin non pas pour des raison techniques (n'ayant pas de référentiel pour comparer) mais sur des critères de réputation, de qualité de service et de tarifs. Il ne s'agit pas ici d'essayer de démontrer qu'ils sont meilleurs techniquement, mais uniquement de partager ce que je fais avec leur produits.
Dosages
A partir des fiches techniques de Sicomin et de leur Manuel Bois, j'ai calculé les valeurs médianes pour différents dosages de résine époxy SR5550+SD5505, à savoir pour l'imprégnation, les collages, les joints-congés, le ragréage, ou la stratification.
J'en ai fait ce petit aide-mémoire, très pratique. Si vous utilisez un autre produit de Sicomin ou un produit d'un autre constructeur, ces valeurs ne sont pas valables. A vous de trouver les vôtres.
J'ai demandé la permission à Sicomin de le publier sur ce blog, et non seulement, il n'y voient pas de problème, non seulement ils ont spontanément proposé de faire valider les valeurs par leur labo, mais en plus ils songent à l'intégrer dans leur documentation!
Je l'ai affiché dans mon garage comme ça pas d'erreur et je peux confier les mélanges à mon aide-chimiste du jour.
Récipients pour mélanger
La résine époxy a une propriété intéressante : elle n'accroche pas sur le PVC, le Vinyl, le Polyane, et donc les fonds de bouteille en plastique et bien d'autres supports. Ce qui veut dire que les récipients en plastique sont réutilisables, et qu'on peut masquer des collages avec du polyane ou du scotch marron (celui pour fermer les cartons quand on déménage)
Pour les petites doses j'utilise soit des fonds de bouteille de lait, soit des pots de Yaourth des Alpes. Sur la photo ci-dessus on reconnait : bacs de glace 1L, gobelets gradués de Sicomin, Yoghourt des Alpes, Liégois, bouteilles de lait, barquettes de crudités. Les fonds de bouteille de Coca ne vont pas bien car en raison des alvéoles au fonds c'est plus dur de mélanger.
Voici ci-contre 2 pots dans lesquels un fond d'époxy pure et un fonds d'époxy chargée ont sêché : ça se détache tout seul et juste en passant le doigt les pots seront nickel et prêts à resservir 2 ou 3 fois.
Pour éviter que la résine ne parte en exothermie (au bout de 10mns, par 20°C, 100gr de résine atteignent 40° et après ça monte en flêche, jusqu'à 165°C vers 35minutes, et le mélange est perdu), il vaut mieux disposer la résine fraîchement mélangée dans une récipient à fonds large. J'utilise soit des bacs à glace 1L, soit des bouteilles de lessive liquide que je découpe par la tranche. Ca favorise les échanges thermiques avec l'air plus frais et donc moins de risque de gâcher la résine.
Joints-Congés
Je réalise mes spatules avec des chutes d'isorel dont j'arrondis le bout. On peut aussi réaliser les spatules avec des couvercles de seau en plastique, l'avantage c'est que comme pour les récipients c'est rééutilisable, mais personnellement je trouve ça trop souple.
Pour étaler les joints congés je prends soit un sac de congélation que je découpe à un angle, soit je prend une poche à douilles jetable. Il faut juste penser à démonter l'ensemble et enlever le surplus d'époxy de la douille avant séchage, et après les morceaux de résine s'enlèvent avec les doigts. 100% réutilisable, même les sacs jetables ! Pour remplir le sac sans s'en mettre plein les doigts, mettre le sac dans un récipient en verre et retrousser les bords du sac.
16 avril 2008
Prises de formes
A plusieurs occasions j'ai parlé d'une technique de prise de formes avec des petites lattes. Il existe une autre méthode avec des pre-formes en CP ou Isoral/MDF et guide de copiage, et enfin une méthode par reports d'angle (c'est mon pote Jéjé qui m'en a parlé). Celle-ci est documentée ici. Je ne l'ai pas encore expérimentée. Ajoutez un commentaire si c'est votre cas.
08 avril 2008
Affûter un ciseau à bois
Quand on a goûté au plaisir de se servir d'un ciseau à bois juste en poussant à la main, sans à-coup, sans marteau, on se pose la question de l'affûtage.
Là aussi j'ai mis un peu de temps et d'euros et je peux vous dire que le résultat est au-delà de mes espérances. En plus, mes ciseaux achetés en coffret "bricolo c'est rigolo" en acier "pas assez dur pour les pros" il y a de cela des années, et bien j'en suis super content car il se laissent bien affûter.
En gros plus il sont durs, plus longtemps ils coupent, mais plus longtemps ça prend de les affûter.
Je suis parti d'une situation assez limite.
Pour affûter il y a plusieurs outils : la pierre à huile, la pierre japonaise, la meule. Il y a des guides d'affûtage à tous les prix. J'ai jeté mon dévolu sur des pierres diamantées qu'on mouille à l'eau, et un petit quide d'affûtage à 20€ trouvé chez mon vendeur de machines à bois.
Je coince mon ciseau dans son guide de manière à ce que le biseau soit parfaitement à plat sur la pierre. Je pousse et je tire en appuyant vers le biseau, mais pas trop : la poussière de diamant est plus forte que l'acier, mais si on appuie trop on les décole.
Après 10 à 20mns (selon l'état du ciseau, la dûreté de l'acier et aussi la largeur du ciseau), le biseau est correct. Mais quand on le retourne ou si on passe le doigt sur le plat, on sent un bourrelet. C'est le morfil. Certains affûteurs sont capables de le casser net, mais pas moi. La technique, c'est de faire faire quelques ronds à plat sur la pierre et le morfil s'en va rapidement.
Le ciseau est maintenant affûté, idéal pour la réalisation de tapots par exemple. Evidemment la pros vont bien plus loin, utilisent des techniques de finition mais je ne suis pas sûr que je suis assez doué pour en apprécier la subtilité et surtout la reproduire.
Soyons zonnêtes
Le sympatique message de Didier (je connais Didier et j'apprécie son encouragement, c'est lui qui possède le plus vieux Corsaire connu, Le Sept ) vient de me faire penser que je devrais me confesser :
- pour les tapots, j'en ai refait 6 sur les 14 et j'ai du masquer un coup de marteau parce que je n'avais pas utilisé de cale.
- J'ai raté mon placage, ce qui m'a amené à enlever mon pont que je devrai refaire.
- Les soudures d'Albert s'apparentaient aux crottes d'une souris qui a trop forcé sur le gruyère. J'ai du en refaire un bon tiers avant d'en faire des "à peu près propres et solides".
- J'ai dû reponcer à nu une face d'équipet car mon rouleau avait laissé presque tous ses poils sur le bois, epoxy trop visqueuse. Un vrai mouton shetland, ma cloison !
- Pour les montants de mon équipet avant, j'ai du m'y reprendre à 3 fois pour la pièce tribord.
- etc...
Quand on se plante il se passe 2 choses :
- on expérimente et on découvre des méthodes, comme celle de ne pas arraser les tapots trop près,
- et puis on s'entraîne, c'est à dire que le geste progresse, devient un peu plus sûr et plus précis. On trouve plus vite le bon règlage de la lame du rabot, la scie saute moins, on "foire" moins de vis, l'époxy pénêtre plus.
Celui qui ne se plante pas n'apprend pas, surtout s'il apprend seul. J'espère donc me planter encore souvent (pas trop quand même, hein!). Je ne pourrais pas partager mon geste, mais j'éprouve un réel plaisir à vous confier mes trucs et astuces et je voulais profiter de cette occasion pour vous remercier pour tous vos commentaires, questions, emails.
A+,
Patrick
Plancher avant
Pour ranger le mouillage ou autres, j'ai réalisé un coffre dans le plancher avant. Il fait environ 60cm de long pour 46cm de large (dimensions intérieures).
A partir de notre plancher en 4 parties (pour pouvoir le sortir facilement du bateau lors de la maintenance annuelle), j'ai découpé un couvercle.
J'ai fabriqué des lames de 4cm de large en CP que j'ai chanfreinées à la fraise "quart de rond'. Ces lames qu'on voit sur la photo centrale ci-dessous serviront à recevoir le couvercle.
La barre longitudinale rouge va disparaître. A droite, le montage "à blanc".
Puis j'ai imprégné les chants inférieurs des joues du coffre à l'époxy, ainsi que la zone de collage des bordés de fonds. Le collage est effectué à l'epoxy légèrement chargée, et sera plus tard relayé par un joint congé epoxy. A noter que ces collages ne sont pas structuraux, donc doublage métal ou fibre de verre non nécessaires
Des petites cales ont été collées et vissées pour tenir les lames-supports de couvercle. Ces lames-supports sont collées epoxy sous les planchers, en appui sur les joues et sur les cales. Un joint congé est ensuite ajouté aux lames latérales.
Et voila le travail :
07 avril 2008
Les "tapots" ou "bouchons"
Avant d'en avoir fait (et des fois même après), à moins d'être pro (et des fois même si on l'est), on a tous admiré ces finitions boisées vernies sans une vis.
Et puis en y regardant de plus près, on aperçoit ces petites pastilles rondes et on se demande comment c'est fait.
Cela s'appelle des tapots ou bouchons. A ne pas confondre avec des chevilles. Les chevilles sont dans le fil de bois, elles sont très résistantes à la flexion. Les tapots sont perpendiculaires au fil de bois justement pour se casser facilement.
Et bien avec les bons outils c'est facile et je vais essayer de l'expliquer.
Sachant que pour mes lisses et autres finitions j'ai prévu d'en utiliser, j'ai décidé de m'entrainer pour fabriquer des petites cales en acajou qui soutiendront mon coffre de plancher avant. Dans le pur style Zygomar : on se prend le chou pour des trucs qui ne se voient même pas mais on est content car comme dit l'autre, "c'est moi qui l'a fait!".
- Un ciseau à bois bien affûté
- Un marteau et une cale martyr
- Une fraise à tapots ou fraise à bouchonner (j'utilise les bouchons coniques mais il en existe aussi des droits)
- Une mêche ou un forêt de 10 bien affûté (il en existe qui font le trou à 10 et un trou à 3mm pour la vis)
- Les vis
2. Percer les pièces : les tapons coniques ont besoin de moins de profondeur pour tenir. Dans l'acajou, 3mm suffisent. Je perce donc à 10mm de diamètre sur 4 à 5mm de profondeur et bien sûr il y a un trou du diamètre de la vis pour faciliter le serrage et éviter l'éclatement de la pièce. On le voit très bien sur la photo ci-contre.
3. Fabriquer les tapots : on prend une chute du même bois ou d'un bois de la même essence. Sinon, on peut aussi jouer avec le contraste et prendre une couleur opposée. Par exemple des bouchons en acajou sur du yellow cedar ou du frêne. La fraise à bouchonner est en fait une mêche creuse.
Utiliser une perceuse à colonne si possible, une entrée de gamme fera très bien l'affaire. Vitesse très basse. Entrer doucement mais sûrement pour ne pas échauffer la fraise. Pour enlever les tapots de la "souche", utiliser une tournevis et faire levier, on entend un petit "clac".
3. Visser les pièces "à blanc", ajouter un peu de colle (epoxy, PU ou autre) si on le souhaite, puis visser définitivement.

4. Présenter chaque tapot dans son insert perpendiculairement. S'il part en travers l'insert peut être abîmé et sera visible. On pense à respecter le fil de bois, celui du tapot parallèle à celui de la pièce pour des raisons esthétiques.
Enfoncer avec un marteau, ou mieux à l'aide d'une cale martyr, ce qui limite les risque de dérapage et de coups de poinçon dans ce beau travail
5. Arraser avec un ciseau à bois bien affûté, si possible sans à coup ni marteau, en laissant 1 à 1,5mm dépasser : c'est très important car si un gros morceau du tapot part, on se retrouve avec un trou.
Si ça arrive (et ça m'arrive plus d'une fois), je perce avec un forêt de 7,5mm en évitant de toucher la vis qui se trouver derrière le tapot. Je visse une vis de 8mm et je tire, le reste du tapot vient tout seul et on peut recommencer.

6. La finition se fait au papier de verre, grain 80 puis 120 puis 240 si on veut vernir.

Le pire c'est que ces pièces ne seront même pas visible. Et oui, c'était de l'entrainement, c'est aussi un peu pour vous!!!
02 avril 2008
Les inserts de vis Epoxy ou Epoxy-Bolt
Il s'agit là d'une technique abordée dans Le Grand Carénage, une très bonne source de trucs et astuces pour entretenir et rénover son Corsaire, et complétée par mes récents échanges sur les forums Bateaubois.com et AS Corsaire.
La technique de l'insert epoxy permet de s'assurer de la bonne tenue de vis dans du bois, même tendre, et pour de multiples montages et démontages.
Typiquement j'ai besoin de cette résistance pour mes planchers qui recouvrent mes volumes de flottabilité et que je veux pouvoir ouvrir lors de la révision annuelle ou pour retrouver mon alliance qui y est tombée alors que ma femme croit que je la cache pour me faire passer pour libre.
- On perce bien large, de profondeur supérieure ou égale à 3 fois la largeur de la vis, ce qui nous donnera une résistance idéale à l'arrachement.
- On rempli le trou d'époxy chargée, dose collage (un peu plus fluide que pour le joint-congé). Il vaut mieux remplir trop que pas assez (cf insert de gauche)
- On cire la vis métal ou vis à bois (ça marche avec les 2) dans une cire chauffée liquide de la cire de démoulage ou de la parafine (j'ai utilisé des restes de bougies de Noël parfumées, ça marche très bien), et on souffle doucement avec un sêche-cheveux ou si votre amirauté s'y oppose violemment, avec un décapeur thermique. Le but est de garder de la cire mais de marquer le pas de vis et de ne pas le noyer.
- On noye notre vis cirée et on attend une bonne journée. On dévisse doucement. Si on veut que l'insert résiste à l'échauffement causé par une visseuse, on peut cuire l'insert à 40° pendant une nuit, mais ce n'est pas toujours possible. Je n'arrive pas à entrer mon Corsaire dans mon four et mon épouse n'accepterait pas (alors que je me sert du four bien plus souvent qu'elle!).
- On meule ou on ponce l'excédent (papier 45 avec cale).
Le fil à couper le beurre
La flottabilité de mon Corsaire est assurée par 150 litres ou plus de polystyrène extrudé, qui est une mousse à cellules fermées. Ca vieillit mieux que notre polystyrène expansé (celui qu'on trouve dans les emballages cartons pour caler l'electronique) qui fini par s'engorger d'eau.
Mais on a un gros problème : on en met partout, et comme ça se charge en electricité statique c'est quasiment impossible à nettoyer. Donc scie égoïne et rabot remisés, j'ai décidé d'innover. Ou plutôt de m'inspirer.
J'ai d'abord assemblé des plaques de Styrodur pour arriver à des blocs de 19 cm d'épaisseur, 60x120cm, collage au Sika pour ne pas faire fondre la mousse.
Pour couper ça, j'ai combiné l'utilisation de la scie circulaire couplée à Hannibal l'Aspirateur Tropical, et mon fil à couper le beurre. Très connu des shapers de surfs et funboards ainsi que des modélistes, cet appareil est très simple à réaliser et rend des grands services. Il faut :
- 2 montants verticaux en bois dur (j'ai pris des chutes d'acajou)
- un montant horizontal (j'en ai pris 2)
- 4 boulons
- de la corde à piano diamètre 0,8mm trouvé en GSB (bricocasto)
- un vieux bout
- un tube de PVC
- un peu de fil électrique
- un chargeur de batterie
On fabrique une sorte de scie de grand-père et à la place de la lame dentée on a le fil relié à notre chargeur de batterie. Le bout et le tube de PVC servent à tendre la corde à piano. On branche le tout et on coupe ainsi très facilement notre Styrodur. J'en ai même profité pour tailler des écoulement d'eau en direction des anguillers.
01 avril 2008
On avance on avance on avance, c'est une évidence...
Allez, en vrac, je vous montre qu'il y a plein de choses qui avancent : les premiers joints-congés, la fixation de la varangue, (dont j'ai aggrandi les anguillers), le coffre avant, les blocs de flottabilité.
J'ai également commandé du tissu de verre Bi Axial (ou Bi Biais) -45°/+45° 450gr/m2 pour renforcer certains joints congés structuraux, ainsi que du Roving 710gr/m2 pour blinder mon coffre avant et mon futur puit de dérive. Du costaud, quoi !
26 février 2008
Montant de cloison-equipet
Encore une pièce pourrie changée, celle-là je ne résiste pas à l'idée de vous en parler pour 2 raisons :
- le coup des couteaux
- la beauté de cette pièce en acajou toute en galbe
Le coup des couteaux, c'est une technique toute simple pour décoller des pièces de bois sans les abîmer : on prend des couteaux tout métal et éventuellement on aiguise un peu la pointe 2 sur les 4 ou 5. On insère les 2 aiguisés, puis juste à côté 2 ou 3 normaux, ensuite on peu insérer un burin plat et enfin soit un pied de biche, soit une cale en bois biseautée. C'est très progressif et donc on peut enlever des pièces sans trop abîmer.
La nouvelle pièce est réalise en acajou, presque entièrement au rabot manuel, le quart de rond est fait à la défonceuse. Un truc simple consiste à maintenir la pièce avec du scotch double face, celui à moquette est très solide, ça ne bouge jamais si on a pris le soin de bien dépoussiérer. Collage epoxy légèrement chargée, après imprégnation.
25 février 2008
Montants équipets avant
Les montants de la cloison-équipet avant étaient pourris à leur base. Ils ont été réparés en replaçant une dizaine de centimètres par la même pièce en chêne, collée à la résine epoxy, avec une mortaise en bas et une fausse-languette (ou languette rapportée) en haut.
Le logement de la fausse languette est réalisé avec une fraise droite de 8 et à la défonceuse. Il ne restera plus qu'à raboter la partie de la languette qui dépasse.
Ce n'est pas la pièce la plus facile, il y a un seul angle droit sur l'ensemble des 12 arrêtes de chaque pièce...
On remarque les reste de colle résorcine noire, qui ne collait plus des masses. C'est là que les pointes qui avaient servi à l'assemblage et étaient restées à postes servent pour la seconde fois dans leur vie. Qui peut dire comment une colle se comportent en 30, 40 ans ou plus, il y a tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte. Donc pour ma part il y aura un peu de quincaillerie de secours pour assister mes collages.























































